“MEMORIAL BOTS” : ÉTAT DE L’ART

Si vous n’êtes pas familier du terme, une petite définition s’impose. On peut définir un « Memorial Bot » comme un chatbot conçu pour mimer une interaction avec une personne décédée, un genre de robot qui serait capable de simuler une vraie conversation en se faisant passer pour une personne disparue, voilà qui soulève bien des interrogations… Où est-on aujourd’hui sur les produits de type « Memorial Bot » ? à quel stade de développement technologique et commercial ? Quels sont les enjeux de leur insertion dans notre société ? Si des solutions semblent émaner, ce sujet passionnant demeure complexe.


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Différents thèmes abordés dans ce document nous permettront de mieux saisir les enjeux, l'état de l'art et la faisabilité de ces services. Ces points conditionnent le marché des « Memorial Bots » : 
- Une forte immaturité technologique qui peut cependant être comblée par la recherche 
- Une valeur perçue élevée, qui reste difficile à quantifier 
- Des problématiques contemporaines de gestion des données personnelles et de gestion des données massives

La génération de langage avancée : une technologie encore balbutiante

Il existe une différence fondamentale entre les chatbots contemporains et leurs ancêtres. Les premières créations du genre, comme ELIZA (1964), raisonnaient de manière “si… quand…”, en utilisant des réponses préprogrammées. En ce sens, celles-ci n’avaient rien d’intelligent et leur pertinence dépendait du nombre de scénarios implémentés.

Le monde des chatbots a depuis traversé de vraies révolutions technologiques. La puissance des calculs s’est accrue, de nouveaux programmes ont fait leur apparition et de nouveaux outils de traitement automatique de langage ont été développés. Le chatbot a donc appris à comprendre les intentions de son interlocuteur notamment grâce à la syntaxe utilisée et aux mots-clés. Les algorithmes, capables d’apprendre et de s’améliorer de manière autonome se sont révélés particulièrement efficaces pour comprendre finement le langage naturel. Le Deep Learning, technologie basée sur les réseaux de neurones artificiels, a permis par exemple de tweeter comme Donald Trump ou encore de disserter à la manière d’un philosophe du XVIIIe siècle, belle avancée !

 

Ces progrès, bien qu’impressionnants, permettent également de faire ressortir deux grands challenges auxquels on doit encore faire face aujourd’hui avant de pouvoir être confronté à de véritables 'Memorial Bots' :
- Faire en sorte qu’un chatbot utilise des phrases cohérentes et parfaitement intégrées à une conversation, ce qui reste difficile à l’heure actuelle ;
- Imiter un être humain, chacun étant unique, on peut comprendre la difficulté de la chose.

Il reste donc encore du chemin à parcourir, même s’il apparaît probable qu’un « Memorial Bot » complètement performant puisse voir le jour dans la décennie à venir sous réserve de données suffisantes et de bonne qualité.


La promesse de l’immortalité : une valeur commerciale considérable mais aux contours flous

Certaines sociétés se sont déjà positionnées sur le segment de la production de chatbots basés sur des humains. Terasem (via la plateforme lifenautReplika (Replika.ai) et Eternime (eterni.me) sont les trois entités à notre connaissance à publiquement afficher leur désir de construire un tel chatbot. Très variables de l’une à l’autre, leurs caractéristiques peuvent être résumées comme suit :


On constate qu’Eternime se rapproche du marché du memorial bot, en offrant d’appliquer sa technologie pour continuer à perdurer après la mort en tant qu’avatar virtuel. L’accent est mis sur la préservation de la personnalité et les souvenirs des proches. Eternime interdit qu’on inscrive ses aïeuls ou toute autre personne, considérant que ce choix reste très personnel. Lancée en 2014, cette entreprise compte à l’heure actuelle plus de 40 000 inscrits, ce chiffre significatif témoigne de l’intérêt que les individus portent à ce genre de service et plus généralement à la problématique de l’“afterlife” digitale. On peut d’ailleurs observer un engouement pour l’ensemble des solutions de gestion de la vie post-mortem avec une prise de conscience croissante que « ce qui est sur Internet y reste pour l’éternité »… Alors pourquoi ne pas y laisser un double ? Replika est le plus facile à tester et permet de créer un chat bot qui vous connait personnellement et potentiellement pourrait vous survivre.

Toutefois des craintes associées à ces services subsistent : 
- Le transfert d’information : si la protection des données personnelles devient un sujet majeur, les utilisateurs ont besoin d’être rassurés sur le sujet ; 
- Le transfert de confiance : on attend des individus qu’ils s’en remettent à l’intelligence artificielle pour les protéger dans leur existence même ; 
- Le transfert culturel : on peut s’interroger sur le degré de familiarité à adopter avec l’avatar d’un proche décédé ; 
- Le transfert de pouvoir : avoir un double sur lequel on n’aurait aucun contrôle et aucun droit de regard peut faire peur. 

 Un autre point qui peut poser problème pour le moment est la langue, les services sont pour l’instant proposés en anglais et la traduction automatique ne parvient pas parfaitement à dépasser la barrière de la langue.

Enfin se pose la question épineuse du modèle économique. La seule entreprise à avoir géré un processus de commercialisation de bout en bout et à large échelle est Replika. L’avenir nous dira si l’opération est un succès financier et nous montrera comment les entreprises parviennent à rendre leur modèle économique viable tout en offrant des solutions qui conviennent aux utilisateurs. Le concept d’immortalité saura-t-il faire vendre ? Cette question mérite d’être à nouveau posée dans quelques années.


La collecte de données : le nerf de la guerre

Les prouesses algorithmiques ne seront efficaces que si elles s’accompagnent d’une quantité de données personnelles suffisantes. Pour pouvoir être convenablement exploitées, les données fournies doivent être présentées sous un format clair et homogène. Recréer une personne ou converser à sa manière implique de s’appuyer sur les divers média qu’elle a pu utiliser au cours de sa vie en outrepassant en plus la complexité de ses interactions passées. Les exigences en terme de données sont donc élevées.


Il est certain que la majorité des personnes décédées avant les années 2010 ont peu de chances de pouvoir être reconstituées par un tel bot. Beaucoup furent non-utilisatrices de l’Internet qu’on connaît aujourd’hui ou y passèrent un temps trop court pour laisser derrière elles une trace suffisante. La période que nous vivons actuellement sera en revanche absolument charnière pour l’avenir de ces chatbot. En effet la donnée est encore et toujours plus demandée, générée, partagée… Tant et si bien que l’on n’imagine pas le monde digital freiner …


Arrêtons-nous également sur la quantité de données personnelles. Il se pourrait très bien que les générations à venir apprennent à manager leur empreinte digitale en réduisant les flux d’informations, … et donc l’information disponible et utilisable. Citons pour preuve les récentes régulations de type droit à l’oubli ou RGPD qui semblent pointer dans ce sens.


Pour conclure, qu’importe si la technologie qui fera parler les morts voit le jour demain ou dans cinquante ans, le critère important est que l’on ne peut pas faire parler quelqu’un qui n’a pas laissé de traces. Bien sûr, si l’on a longuement disserté sur la donnée publique ou semi-publique, qui permettrait théoriquement à n’importe qui de recréer n’importe qui d’autre, il ne faut pas oublier que c’est au sein des cercles familiaux ou amicaux que s’échangent le plus d’informations à caractère personnel. C’est aussi cette information qui, n’étant pas dupliquée sur une quasi-infinité de serveurs, subira le plus violemment les effets du temps. On remarque que malgré l’existence de service d’hébergement de ce type de donnée, les utilisateurs sont encore mal à l’aise à l’idée d’uploader des années de souvenirs éminemment personnels, quand bien même il s’agirait de les préserver. Le message d’intérêt général est donc le suivant : la donnée est précieuse. À l’intérieur d’un vieux SMS ou d’une ancienne carte postale réside une partie de ce qui fait ou a fait votre interlocuteur... Et le moment venu, cela pourrait être précieux.

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