Coronavirus : Le travail du deuil pendant le confinement

Le deuil pendant le confinement est vécu de manière bien différente. L'absence de cérémonies funéraires ne doit pas empêcher le travail du deuil.

Le confinement complique les choses du côté des obsèques et du travail du deuil. Pour éviter la propagation du Covid-19, les funérailles sont soumises à des règles strictes, que les personnes décèdent à cause du virus ou non. Ces circonstances difficiles rendent le travail du deuil compliqué. Faisons le point.

La dimension sociale du deuil

Les restrictions concernant les Français endeuillés avaient été jugées un peu maximalistes, des évolutions ont vu le jour de ce côté. Il est désormais possible de voir le visage du défunt tout en respectant, bien sûr, les mesures barrières. Les familles endeuillées sont également privées de cérémonies, les prêtres donnant le plus souvent, quand ils le peuvent, rendez-vous aux familles directement au cimetière pour une brève liturgie de la parole. Le début du processus de deuil est souvent marqué par un rituel,  qui prend la forme, dans nos sociétés occidentales, de cérémonies funéraires, religieuses ou non. Ce rituel, dont nous sommes actuellement privés, aide à donner du sens à la mort. L’absence de cérémonial collectif du deuil remet en cause l’ensemble de la structure sociale mais ne doit pas empêcher le travail du deuil individuel. "Ces moments peuvent aussi permettre un temps d'arrêt, de réflexion pour s'autoriser à vivre ses émotions." nous rappelle Nadine Frenkel, présidente d'Echange et Partage Deuil. "Ce qui peut aider en cette période : se donner le droit d'être en deuil et interpeller son réseau, oser appeler, ne pas hésiter à se poser la question 'de quoi j'ai besoin aujourd'hui ?', se rappeler que les réactions du deuil changent de jour en jour et sont différentes pour chacun... "C’est d’ailleurs de manière intime que les deuils sont souvent vécus en temps normal. Des études nous montrent que deux Français sur cinq ressentent le besoin de s’isoler à la suite d’un deuil. La crise du Coronavirus ne fait que renforcer le sentiment de solitude.

Le deuil, un travail sur le long terme

Rappelons que les cérémonies d’obsèques sont fortement perturbées, or, ces dernières sont souvent jugées indispensables dans le processus de deuil. Nous devons aujourd’hui inventer d’autres rituels. L’impossibilité de voir le corps du défunt ou d’accompagner des personnes en fin de vie à cause du confinement n’empêche pas le processus de deuil. Le deuil débute dès l’instant où nous perdons un proche, confinement ou pas, c’est le processus de cicatrisation humain. Celui-ci se met en place de manière naturelle, sans que nous puissions agir. Il nous aide à cicatriser et guérir la blessure psychique. Si nos yeux ne voient pas le défunt, notre inconscient met tout de même en place le processus de deuil. Si nous, les humains, avons mis en place des rituels et cérémonies pour accompagner le deuil, nous avons tous, ancré dans notre inconscient, un processus de deuil nécessaire pour préserver notre intégrité. Le deuil est un processus naturel de cicatrisation psychique mais celui-ci s’inscrit dans le long terme, n’ayons pas peur de donner du temps au temps. Une dimension importante que le confinement ne peut pas supprimer est la relation que nous avons développée avec le défunt : ce que nous avons vécu est notre plus bel héritage.

rituel bougie deuil

Les rituels peuvent être déplacés, si nous ne pouvons nous rendre à la cérémonie, nous pouvons créer d’autres rituels : allumer des bougies, dire des textes, écrire ce que l’on ressent,… Nadine Frenkel nous rappelle que tout rituel est possible "Quand c'est possible émotionnellement aller dans les photos ou les films et accepter d'accueillir les émotions que cela va provoquer, en choisir une et parler au défunt à travers elle, écrire tous les jours un beau souvenir....les personnes endeuillées ont de l'imagination mais souvent c'est difficile d'oser, elles savent ce qui pourrait leur faire du bien mais se l'offrir n'est pas simple". Une des erreurs consisterait à vouloir mettre l’accent sur le fait de n’avoir pas été là. Si la cérémonie est nécessaire, elle pourra toujours avoir lieu après le confinement, cette cérémonie différée sera une cérémonie du souvenir et la possibilité de réunir les proches du défunt pour honorer sa mémoire. Créer des rituels est loin d’être morbide, ils permettent de mieux appréhender le deuil. L’humain a besoin de choses tangibles et concrètes pour bien appréhender le deuil. On a souvent tendance à penser que le deuil est une affaire réglée en quelques mois, or, le processus de deuil dure pendant plusieurs années. Le confinement nous prouve que la proximité, l’accompagnement et les liens humains sont essentiels pour l’être humain et l’aide à bien traverser les épreuves.

Les réseaux sociaux, un outil en période de deuil

A l’heure du confinement, les réseaux sociaux voient leur pouvoir se renforcer, ils deviennent un véritable outil de communication, une fenêtre sur le monde, un moyen de partage et d’échange. Le deuil en ligne s’est également développé à travers des espaces de partage qui rendent hommage aux défunts. Les proches, la famille et les amis du défunt peuvent partager les moments de vie vécus avec le disparu grâce à ces outils. Textes, anecdotes, ressentis, histoires de vie, poèmes, chansons, photos, films, … tout un chacun peut partager ce qu’il souhaite en ligne. C’est une manière virtuelle de s’unir aux autres et de témoigner sa reconnaissance. Nadine Frenkel insiste sur le rôle de l'écrit en période de deuil: "Il permet de déposer ( sans être interrompu comme cela peut être le cas dans une discussion), de se relire, de le partager si on le souhaite. On peut écrire comment on se sent, raconter l'histoire de la personne décédée, lui écrire, faire un journal 'deuil', écrire aux proches ce qui peut parfois être difficile à dire oralement." . Les outils digitaux deviennent un moyen d’exprimer ses sentiments après un décès. La plateforme AIDE propose aux familles endeuillées de créer un espace dédié pour rendre hommage aux défunts et partager des souvenirs. Les témoignages recueillis sur les sites sont une grande source de réconfort pour les familles à l’heure où il n’est plus possible de se rendre à une cérémonie funéraire, de se prendre dans les bras ou d’essuyer les larmes de ses proches. La présidente d'Echange et Partage Deuil conseille de rester prudent quant à l'utilisation des réseaux sociaux : "Pour les outils numériques, il faut effectivement être prudents car en deuil il y a une fragilité et on pourrait par la suite regretter ce que l'on a écrit ou montrer, par contre le faire dans un réseau fermé ou dédié est aidant et moins risqué. "

 

Aujourd’hui, pour les familles confinées, le deuil est un moment douloureux. Cette expérience de vie nous place tous au même niveau, nous sommes tous affectés par les deuils, ce qui peut expliquer les preuves de solidarité qui se manifestent, y compris sur les réseaux sociaux. Il faut utiliser les outils actuels à notre disposition pour vivre et faire son deuil, apprendre à se reconstruire sans pouvoir rassembler ses proches au moment de la mort de l’être cher. 

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