Nos conseils pour le deuil pendant le confinement

Des conseils concrets pour gérer la période de deuil pendant le confinement

Les mesures de lutte contre l’épidémie du Coronavirus ont un impact important sur les cérémonies d’obsèques. L’équipe de Meilleures-pompes-funèbres a ainsi décidé d’interroger des spécialistes afin de procurer des conseils concrets aux familles confrontées à un décès pendant la période du confinement. Nous avons posé quatre questions à Christophe Parmentier, psychanalyste (créateur du site mondeuil.org) et au Père Patrick O’Mahony, prêtre catholique (Eglise Saint-Jean-Baptiste de la Salle). Deux points de vue, sans doute complémentaires et très intéressants. Voici leurs réponses.

Comment gérer période de deuil et confinement ?

Pendant la période de confinement, les proches d’un défunt seront très restreints dans leurs déplacements, difficile donc de sortir pour prendre l'air, faire un voyage, rencontrer des proches, … Il est donc normal de se sentir très seul avec sa douleur. Christophe Parmentier souligne à juste titre que « le confinement vous enferme non seulement dans un espace limité, mais surtout dans un espace connu et le plus souvent chargé de souvenirs et de références à l’autre. Si ces repères peuvent être rassurants parfois, ils peuvent également être étouffants lorsqu’il s’agit précisément de s’en affranchir ».

Conseils

Il est recommandé d’exprimer son besoin de parler pour pouvoir porter et supporter la douleur liée au deuil : « Il faut pouvoir dire ce que l'on ressent à quelqu'un, par téléphone, par Skype, par tout autre moyen permettant de parler. Il est important de se sentir écouté. Il est important de pouvoir raconter ce qui a été vécu les dernières fois où l'on a vu le défunt » nous dit le père Patrick O’Mahony.

Un autre conseil précieux qui nous livre Christophe Parmentier : « Pour contrer les effets limitants du confinement en période de deuil, ne pas hésiter à ouvrir toutes les fenêtres d’évasion dont vous disposez : lecture, méditation, réseaux sociaux… N’hésitez pas à profiter de ce confinement pour échapper facilement aux contraintes sociales qui vous pèsent, et ne gardez comme liens que ceux qui vous apaisent ».

Est-ce que l'écrit a le même rôle que la parole en période de deuil ?

Pendant le confinement il n’est pas possible de se réunir physiquement, ni pour la cérémonie d’obsèques, ni après celle-ci. La famille endeuillée ne peut communiquer avec les autres proches que par messages, créer un espace défunt, ... Est-il recommandé, en plus des messages écrits envoyés ou déposés dans l’espace de souvenir en ligne, d’appeler la famille pour lui témoigner de notre soutien ?

Selon M. Christophe Parmentier, psychanalyste, « Lorsqu’il s’agit d’échanger de simples informations, l’oral ou l’écrit sont à peu près équivalents ; mais dès lors qu’il s’agit non pas d’échanger des informations mais plutôt de partager des sentiments, il en est tout autrement. En période de deuil, la sensibilité de chacun est particulièrement à vif ; les écrits fixent les choses et permettent d’y revenir plus tard avec une autre distance, alors que les paroles appellent plutôt un immédiat. Oral et écrit ne sont pas incompatibles mais complémentaires, ils visent des objectifs et des sensibilités différentes »

La parole comptera donc plus dans un temps très proche du décès et le début du travail de deuil. Et encore plus que la parole, c’est l’écoute qui sera importante pour la famille du défunt. « Une écoute sans réserve », nous dit le père Patrick O’Mahony. La personne en deuil « doit pouvoir exprimer sa colère, sa révolte, ses « pourquoi » sans recevoir en retour des leçons ou des phrases toutes faites qui se veulent consolantes. (…) La communication par messages, la création d'un espace défunt peut permettre à la personne en deuil de se sentir entourée. Les « amis » doivent aider la personne en deuil à vivre avec la douleur de l'absence, pas à « faire comme s'il n'était pas mort », ce qui n'est pas la vérité .

Quelles précautions prendre avec les outils numériques ?

En cas de décès lié au Coronavirus, si la famille ne peut pas voir une dernière fois le défunt, elle peut demander d’avoir une photo de la dépouille avant la fermeture du cercueil. Une vidéo de la cérémonie peut être enregistrée. Les proches seront peut-être tentés de revoir plusieurs fois ces images, quel risque ?

Pour Christophe Parmentier, « les plus fragiles peuvent également être victimes d’eux même dans l’usage qu’ils font des outils numériques. Ces outils permettent l’accès instantané à de nombreux éléments liés au défunt, allant de la vidéo de ses obsèques à son compte Facebook par exemple, et qu’il peut être tentant de regarder en boucle. Mais est-ce si différent que de regarder compulsivement des albums photo ? Disons que les outils numériques peuvent renforcer une certaine compulsion, mais ne la crée pas dans le contexte du deuil ».

Le père Patrick O’Mahony souligne, quant à lui, la nécessité d’être extrêmement prudent dans la diffusion des souvenirs sur la toile. « Sans parler de malveillance toujours possible, il y a le risque de diffusion au-delà du cercle des intimes, pour raison de "bons sentiments" qui peuvent être des maladresses, voire pire, vis à vis de la personne en deuil ». La famille en deuil ne doit pas être gênée de demander aux destinataires de garder ces échanges dans la plus grande discrétion, « le deuil est une affaire intime ».

Qu'est-ce qu'on peut imaginer comme rituel qu'on peut faire à la maison pour gérer le deuil pendant le confinement ?

Il est d’abord important de rappeler l’objectif de ces rituels : « après les rituels liés aux obsèques, il peut être important d’observer quelques rituels afin de faciliter le travail de deuil. Un des objectifs de ces rituels est d’éviter les débordements psychologiques ou affectifs en les canalisant ».

Conseils 

« On peut choisir une ou quelques photos du défunt. Il est très important de regarder le visage du disparu. On peut allumer une bougie chaque jour devant la photo, à heure fixe, et simplement regarder la lumière de la bougie et le visage, en silence. On peut aussi écrire des petits mots d'amour, éventuellement les dire à voix basse devant la photo ; les mettre dans une boîte à côté de la photo. Ou encore, écrire/dire tout bas ce que l'on ressent, en toute vérité, dans un moment de pause, à heure fixe, face au visage » nous conseille le Père Patrick O’Mahony, sans oublier la prière pour les croyants car « la foi accompagne le deuil de manière puissante ».

Selon Christophe Parmentier « Le rituel doit être situé dans le temps de façon stable (heure et durée), et représenter une action modélisée (même action ou même position ou même…). Toute action peut être ritualisée, mais dans le cadre du deuil l’écriture me semble à privilégier car elle vous met dans une situation proactive et participe ainsi à votre travail de deuil. Écrire une lettre à l’autre chaque jour, ou écrire un journal de deuil, ou encore raconter un souvenir… qu’importe la forme ou vos talents littéraires, ce rituel est salutaire ».

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