Le fossoyeur, « passeur » entre les vivants et les morts
Des éléments pour mieux comprendre le métier de fossoyeur
Au-delà de l’imagerie populaire et longtemps après les funérailles, le fossoyeur accompagne autant les vivants que les morts dans le cimetière, un lieu de travail bien particulier. Entrons-y pour découvrir la profession.
La première rencontre avec le métier de fossoyeur est forcément un peu intimidante. Il faut un peu de temps et le patronage des collègues au cours de la formation de dix-huit mois, pour apprivoiser peu à peu le rapport à la mort. Avouons qu’être réveillé aux aurores pour enterrer un jeune enfant n’a rien de facile…
Mais le fossoyeur remplit de bon cœur son office, par nécessité bien sûr, mais aussi par respect envers ces morts. Après tout, il permet que soient respectées les dernières volontés des défunts, même si à cette fierté peut se mêler à une révérence presque craintive.
Le fossoyeur connaît bien son cimetière, il guide les familles qui recherchent une tombe aussi bien que les agents des pompes funèbres, qui suivent ses directives et écoutent ses conseils dans la disposition des tombes ; puisque des connaissances techniques sont requises. Il contribue ainsi, indirectement, au bon déroulement des obsèques, dans la dignité attendue. Il sait aussi quels changements sont prévus : concessions funéraires disponibles, tarifs, travaux en cours, structure à venir, etc.
Le courage doit faire partie de la personne qui exercera le métier de fossoyeur puisque ce dernier a pour mission d'ouvrir les tombes ce qui est effrayant. De plus, le danger est tout à fait concret : le gaz que dégagent les sépultures anciennes peut être mortel. Il faut vérifier si la flamme d’une bougie, au lieu de rester jaune, annonce un danger en devenant bleue… Heureusement, les tombes plus récentes sont munies d’un système de filtre permettant d’éliminer le gaz nocif.
La place que le fossoyeur occupe par son métier peut lui permettre de porter un regard particulier sur la société, qui en règle générale ne le rejette pas malgré l’image péjorative attachée à la profession. Cependant, dans certaines communes, le fossoyeur peut être mal perçu. La raison ? Cette profession reste pour certains 'douteuse' et ne leur inspire pas confiance malgré la nécessité de ce métier et de cette présence.
Il arrive également que ce dernier doive faire face à des demandes plutôt particulières et singulières : dents, ossements. Ces demandes sont des denrées précieuses pour la magie noire, des sommes mirobolantes sont à la clé. Mais la tentation ne vaut généralement pas le respect des morts et des familles.
Au cours des deux dernières décennies, la fréquentation des cimetières aurait diminuée. Cela serait principalement dû aux changement de religions (certaines ne nécessitant pas de recueillement sur les tombes) et un léger désintéressement du lieu.
Article publié le 01/04/2019
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